Sécurité routière : près de deux enfants sur trois mal installés en voiture

Sécurité routière : près de deux enfants sur trois mal installés en voiture - LPDD Conseil | Fiche fiabilité

Selon une étude récente de Prévention Routière, 62 % des enfants voyagent avec un dispositif de retenue mal installé. Une statistique préoccupante, car la moindre erreur – harnais mal positionné, ceinture trop lâche ou siège incorrectement fixé – peut considérablement augmenter le risque de blessures graves en cas d’accident.

Publiée le 22 janvier, cette enquête révèle qu’en France, près de deux enfants sur trois ne bénéficient pas d’une installation conforme aux règles de sécurité lorsqu’ils sont transportés en voiture.

Des erreurs en apparence anodines, aux conséquences parfois dramatiques

Harnais mal tendu, ceinture vrillée, siège enfant insuffisamment arrimé… Ces défauts peuvent sembler mineurs, mais leurs conséquences peuvent être lourdes. Malgré des véhicules de plus en plus sûrs et équipés de nombreuses aides à la conduite, un enfant perd la vie chaque semaine sur les routes françaises.

Un manque de vigilance encore trop fréquent

Le constat est alarmant. D’après les chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 46 enfants ont été tués et 14 000 blessés en 2024, dont 700 grièvement, rapporte la Prévention Routière.

Afin d’identifier les causes de ces drames, l’association a mené cette étude en partenariat avec le CEESAR et le LAB, deux organismes spécialisés dans l’analyse des risques et l’accidentologie.

62 % d’installations non conformes

Les résultats sont sans appel. Sur 301 enfants âgés de 0 à 9 ans observés en 2024, 62 % présentaient au moins une erreur d’installation.

Les problèmes les plus fréquents concernent un mauvais réglage du harnais (position ou tension), une ceinture insuffisamment serrée ou mal orientée, ou encore l’absence du troisième point d’ancrage sur les sièges Isofix. Un chiffre en légère baisse par rapport à 2018, mais encore largement insuffisant.

Des erreurs commises en toute bonne foi

L’un des enseignements les plus frappants de l’étude tient au décalage entre perception et réalité. Près de 80 % des accompagnants se disent convaincus d’installer correctement leur enfant.

Pourtant, parmi eux, 59 % commettent des erreurs critiques sans en avoir conscience. Ce sentiment de maîtrise constitue aujourd’hui l’un des principaux freins à l’amélioration de la sécurité.

Des avancées, mais encore insuffisantes

Certains progrès sont toutefois à souligner. L’utilisation d’un siège auto pour les enfants de moins de 10 ans atteint désormais 89 %, soit 9 points de plus qu’en 2018. De même, la pratique du dos à la route chez les nourrissons s’est largement généralisée, adoptée par 86 % des parents. Les systèmes de fixation Isofix ont également permis de réduire les erreurs les plus grossières lors de l’installation des sièges.

Une vigilance indispensable au quotidien

Dix ans après son manifeste « Zéro enfant tué sur les routes », la Prévention Routière rappelle l’importance de gestes simples mais essentiels : lire attentivement les notices, retirer les manteaux épais en hiver afin que le harnais épouse correctement le corps, vérifier que les points Isofix sont bien verrouillés et que le troisième point d’ancrage est correctement installé pour éviter tout basculement du siège.

Il est également recommandé de contrôler régulièrement, même en cours de trajet, que l’enfant est toujours correctement attaché.

Pour Sophie Sainten, déléguée générale de l’association, la vigilance reste la clé : « À l’heure où les véhicules n’ont jamais été aussi sûrs, notre attention doit être à la hauteur des équipements dont nous disposons. »

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