Voiture électrique : quel impact réel de la température et de la vitesse sur l’autonomie ?

Voiture électrique : quel impact réel de la température et de la vitesse sur l’autonomie ? - LPDD Conseil | Fiche fiabilité

Une étude récente permet de mieux comprendre comment la vitesse et la température extérieure influencent l’autonomie des véhicules électriques. Si ces deux paramètres jouent un rôle important, leur poids respectif varie selon les conditions. Et sans surprise, c’est le froid qui se révèle le plus pénalisant.

Des données issues de l’usage réel

La société canadienne Geotab, spécialisée dans les solutions télématiques pour les flottes professionnelles, collecte d’importants volumes de données grâce aux systèmes connectés installés sur les véhicules de ses clients. Parmi eux figurent de nombreux modèles électriques. À partir de ces informations, l’entreprise a élaboré un modèle de simulation visant à mesurer l’impact combiné de la vitesse et de la température sur l’autonomie des voitures et utilitaires électriques.

L’analyse repose sur des hypothèses volontairement simplifiées : la vitesse est étudiée uniquement sous l’angle de la traînée aérodynamique, qui augmente avec le carré de la vitesse, tandis que les caractéristiques de l’air (pression, humidité…) sont considérées comme constantes. De même, le modèle s’appuie sur des vitesses et des températures stables, afin d’isoler clairement leurs effets.

Une question d’allocation de l’énergie

Les conclusions confirment un constat bien connu : vitesse et température influencent directement l’autonomie. Mais l’étude cherchait surtout à déterminer lequel de ces deux facteurs pèse le plus lourd selon les situations.

À vitesse élevée, l’énergie consommée pour vaincre la résistance de l’air augmente fortement, réduisant mécaniquement l’autonomie. À l’inverse, lorsque la température chute, une part importante de l’énergie est mobilisée pour le chauffage de l’habitacle et la mise en température de la batterie. Par temps chaud, c’est la climatisation qui entre en jeu. Ces usages annexes deviennent alors déterminants, notamment à basse vitesse.

Le froid, principal ennemi à faible allure

À allure modérée, la température extérieure a un impact bien plus marqué que la vitesse. Par exemple, à 30 km/h, une voiture électrique équipée d’une batterie de 65 kWh peut théoriquement parcourir environ 600 km par 20 °C. En revanche, à 0 °C, l’autonomie tombe sous la barre des 400 km à la même vitesse.

Dans ces conditions hivernales, augmenter légèrement le rythme peut paradoxalement améliorer l’autonomie. Toujours selon les simulations de Geotab, le meilleur compromis serait alors atteint autour de 60 km/h, avec environ 430 km d’autonomie. La raison est simple : rouler plus vite permet d’arriver plus tôt à destination, ce qui limite la durée d’utilisation du chauffage et donc la consommation énergétique associée.

Pour réduire l’impact du froid, certaines solutions sont mises en avant : préchauffage de l’habitacle lorsque le véhicule est branché, utilisation des sièges chauffants plutôt que de la ventilation classique, ou encore innovations récentes comme la ceinture de sécurité chauffante présentée par l’équipementier ZF.

À haute vitesse, la traînée reprend le dessus

Lorsque la vitesse augmente, son influence sur l’autonomie devient progressivement dominante, tandis que celle de la température s’atténue. À 20 °C, cet effet se fait déjà sentir dès 40 km/h, et à partir d’environ 60 km/h lorsque les conditions sont très froides ou très chaudes.

À 100 km/h stabilisés, l’écart d’autonomie entre un trajet effectué par 0 °C et un autre par 20 °C se réduit à une quarantaine de kilomètres seulement. On observe également que le froid reste globalement plus pénalisant que la chaleur : à 35 °C, la courbe d’autonomie se situe entre celles observées à 0 et 20 °C.

Ces tendances restent constantes sur l’ensemble de la plage étudiée, allant de 0 à 35 °C et de 0 à 140 km/h. Appliqué à un utilitaire, le même modèle met en évidence des comportements similaires, avec toutefois des autonomies plus faibles et des vitesses optimales plus basses, en raison d’une aérodynamique moins favorable.

Trouver le bon compromis

En résumé, l’autonomie d’un véhicule électrique résulte d’un équilibre délicat entre température et vitesse. En ville ou à basse allure, le froid est le principal facteur de perte d’autonomie. Sur route et autoroute, c’est la vitesse qui devient déterminante. Aller vite ou aller loin : selon les conditions, il faut choisir… et adapter sa conduite en conséquence.

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